"On tente de se distraire, on fait la fête, on cherche l'amour, on croit le trouver, puis on retombe. De haut. On tente de jouer avec la vie pour se faire croire qu'on la maîtrise. On roule trop vite, on frôle l'accident, on prend trop de coke, on frôle l'overdose. Ça fait peur aux parents... Il y en a qui essaient de faire quelque chose, d'autres qui déclarent forfait. Il y en a qui ne sont jamais là, qui ne disent jamais rien, mais qui signent le chèque à la fin du mois. Et on les déteste, parce qu'ils donnent tant et si peu. Tant pour qu'on puisse se foutre en l'air, et si peu de ce qui compte vraiment. Et on finit par ne plus savoir ce qui compte, justement. Les limites s'estompent. On est comme un électron libre. On a une carte de crédit à la place du cerveau et rien à la place du c½ur, on va en boîte plus qu'on ne va en cours et on a deux cents numéros dans notre répertoire qu'on n'appelle jamais. Et on n'a pas le droit de s'en plaindre, parce qu'il paraît qu'on a tout pour être heureux...
A quoi bon ? Je cours les boutiques et les boîtes, les fringues se suivent et ne se ressemblent pas, je les porte dans des soirées où on danse, on boit et on ne se parle pas, où on rentre seul ou mal accompagné, et tout le monde est au bout du rouleau.
Ma vie ressemble à une balade en voiture dans Paris à quatre heures du matin, à regarder les rues désertes, à écouter des chansons nazes qui pleurent des amours de merde. "
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